LA SEPTIEME GALLERY FERME SON ESPACE À COTONOU
ARTICLES - DERNIÈRE MISE À JOUR 27/06/2025

C’est dans le cadre de la première édition du Cotonou Gallery Week-end en 2022 que la SEPTIEME Gallery annonçait l’ouverture de son deuxième espace à Cotonou, le 30 septembre 2022. La galerie, fondée en 2019 à Paris par Julie Banâtre et Léa Perier Loko, s’était installée dans le quartier de Gbégamey, en face du nouveau Marché des Arts de Cotonou.

Présence artistique de l’espace

Ce nouveau lieu avait été pensé comme un prolongement de son espace parisien, avec l’ambition de proposer une programmation dans un contexte ouest-africain. L’installation de la galerie à Cotonou intervenait dans un moment où le Bénin connaissait une attention croissante sur la scène artistique, notamment après l’exposition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la restitution à la révélation », présentée au Palais de la Marina. Au fil de ses années d’activités au Bénin, la SEPTIEME Gallery a organisé plusieurs expositions collectives et individuelles. Elle a ouvert avec AVIVÔ, réunissant les artistes Joël Degbo, Didier Viodé, Grégory Olympio et Dominique Zinkpè. Par la suite, elle a présenté des expositions comme Interstellaire – Hommage à la sculpture du Bénin (2024), mettant en lumière sept artistes sculpteurs béninois, ou encore Anouanzè for Legacy, MOON RABBIT, MINUIT, ou A Night Out With Lariba And Friends. Ces événements ont régulièrement mobilisé des artistes de différentes générations, avec des formats mêlant installation, peinture, sculpture, performance et photographie.

Parmi les activités notables, la galerie avait également organisé une Journée Artistique, le samedi 7 septembre 2024, ouverte au public, avec des ateliers et des échanges avec des artistes invités.

Fermeture silencieuse de l’espace

Depuis mi-juin 2025, plusieurs sources proches du milieu artistique nous ont confirmé la fermeture de la galerie à Cotonou. Aucune communication officielle n’a été faite par la direction au moment de la rédaction de cet article. Les raisons de cette fermeture restent donc inconnues, même si certaines hypothèses, comme des difficultés liées à la gestion locale ou des réorientations stratégiques, sont évoquées de façon informelle. Cette décision intervient après moins de trois ans d’activités. Malgré la programmation régulièrement renouvelée, cette fermeture soulève des interrogations sur les dynamiques culturelles à l’œuvre à Cotonou.

Pourquoi cet espace, qui semblait s’être intégré à la scène artistique locale, cesse-t-il ses activités si tôt ? Était-ce une initiative à durée limitée ou un projet interrompu prématurément ? Le retrait de la SEPTIEME Gallery vient en tout cas rappeler la fragilité des structures artistiques dans un contexte où la pérennité dépend souvent de paramètres externes, institutionnels ou financiers.

Sans spéculation ni jugement, cette situation interroge sur la capacité du secteur à soutenir des espaces indépendants ou internationaux, à construire des ancrages durables et à maintenir une présence artistique continue sur le territoire. Pour le quartier de Gbégamey, qui avait vu s’installer cette galerie à fort potentiel de visibilité, cela marque une pause dans une dynamique amorcée, sans qu’on en connaisse pour l’instant les suites.

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